Ce 4 mars marque la Journée Mondiale de l’Obésité. Une date charnière pour faire le point sur l’une des problématiques de santé les plus mal comprises de notre siècle. Malgré des décennies de campagnes de prévention et d’injonctions à « manger mieux et bouger plus », la prévalence de l’obésité continue de grimper.
Pourquoi ? Parce que l’approche purement volontariste,celle qui prétend qu’une perte de poids n’est qu’une affaire de volonté, a échoué. Elle a échoué car elle ignore la réalité biologique et sociale de cette maladie. Pour cette édition 2026, il est temps de changer de regard et de comprendre l’obésité pour ce qu’elle est : une pathologie complexe et multifactorielle.
L'Obésité est une maladie, pas un choix
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est formelle : l’obésité est une maladie chronique, récidivante et évolutive. Ce n’est pas un trait de caractère, ni un laisser-aller.
Le thermostat biologique
Au cœur de cette pathologie se trouve un dérèglement de l’homéostasie énergétique. Imaginez que votre corps possède un thermostat interne, situé dans l’hypothalamus, qui régule votre poids de forme. Chez une personne souffrant d’obésité, ce thermostat est « calé » sur une valeur trop haute.
Ce mécanisme est orchestré par une symphonie hormonale complexe :
La Leptine : L’hormone de la satiété, produite par les cellules graisseuses, qui dit au cerveau « nous avons assez de réserves »,
La Ghréline : L’hormone de la faim, qui stimule l’appétit.
Dans de nombreux cas, une résistance à la leptine s’installe, le cerveau ne reçoit donc plus le signal de satiété.
L’argument clé à retenir est celui-ci : ce n’est pas le patient qui ne veut pas, c’est son corps qui résiste biologiquement. Lorsqu’on essaie de perdre du poids par la restriction seule, le corps active des mécanismes de survie ancestraux, augmentant la faim et ralentissant le métabolisme.
Le mythe du la volonté
Réduire l’obésité à l’assiette, c’est comme essayer d’expliquer la météo avec un seul nuage. C’est une toile d’araignée de facteurs qui s’entrecroisent :
Génétique : Elle détermine notre prédisposition. Si elle n’est pas une fatalité, elle définit la facilité avec laquelle notre corps stocke ou déstocke.
Environnement obésogène : Nous vivons dans un monde où les produits ultra-transformés sont partout, moins chers et sur-sollicités par le marketing, tandis que nos modes de vie nous poussent à la sédentarité.
Facteurs psychologiques et émotionnels : Le stress chronique libère du cortisol, une hormone qui favorise le stockage des graisses. Les traumatismes et l’histoire de vie jouent aussi un rôle majeur dans la relation à l’alimentation.
Sommeil et rythme circadien : Le manque de sommeil dérègle les hormones de la faim. Résultat, une augmentation de la ghréline et une baisse de la leptine.
Médicaments et pathologies : Certains traitements (corticoïdes, antidépresseurs) ou pathologies hormonales (hypothyroïdie, SOPK) peuvent modifier la gestion du poids.
Facteurs socio-économiques : La précarité est l’un des premiers facteurs de risque. Manger sainement coûte souvent plus cher en temps et en argent.
Le danger de la stigmatisation
La grossophobie (médicale ou sociétale) n’est pas seulement une question d’impolitesse, c’est un frein majeur à la santé publique. Le jugement constant et la stigmatisation créent un stress chronique immense.
Les conséquences sont directes :
Évitement des soins : Par peur d’être jugés ou de s’entendre dire qu’il faut perdre du poids pour n’importe quel symptôme, de nombreux patients ne consultent plus.
Aggravation des troubles alimentaires : La honte pousse souvent vers des comportements compensatoires.
Isolement social : Ce qui renforce le stress et le cercle vicieux de la maladie.
Il est urgent de passer d’une logique de régime à une logique de soin. L’obésité nécessite une prise en charge pluridisciplinaire où le médecin, le diététicien, le psychologue et le patient travaillent main dans la main, sans culpabilisation.
En tant que professionnel de santé, mon approche reste fidèle à ma philosophie : accompagner vers la santé, pas vers un standard. Chaque histoire est unique, chaque corps mérite le respect et une écoute qui dépasse le simple chiffre sur la balance.
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